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Eolienne Lomont sur crête/David Cesbron
Tourbière/David Cesbron
Panneaux solaires/David Cesbron

L’Agenda 21, engagement de la Région Franche-comté pour un développement responsable

En introduction, la Présidente Marie-Guite Dufay souligne l’importance de l’Agenda 21, à travers lequel la Région Franche-Comté s’engage résolument vers le développement durable. Cette importance est renforcée par le contexte difficile de crise actuelle, qui est à la fois économique, financière et sociale. Il s’agit surtout d’une crise de confiance qui menace les fondements de la démocratie et remet en cause le modèle de développement actuel. Cette crise, assure la Présidente, est l’opportunité de proposer des solutions nouvelles, « non pour de petits aménagements, mais pour un changement total de direction, qui replace l’homme et le citoyen au centre du développement ».

Présenté par les Vice-Présidents aux partenaires qui ont accompagné toute la démarche, le programme d’actions est le fruit d’un travail en profondeur, pour revisiter l’ensemble des politiques régionales et aboutir à un développement responsable. La mise en œuvre de l’Agenda 21 fera l’objet d’une évaluation, que la Présidente souhaite mener de façon participative.

Le développement durable peut-il façonner une économie au service de l’Homme ?

Denis Clerc, économiste et fondateur de la revue Alternatives économiques, développe les tenants de cette problématiques en quatre points essentiels, qui constituent le socle commun de la discussion :

1) Changer de modèle de développement, ce n’est pas un choix, mais une nécessité impérative. Les experts démontrent que les changements climatiques progressent avec une accélération qui dépasse toutes les estimations ; il nous faut réagir dans les 10 ans ;

2) Convaincre la totalité des citoyens à adhérer au changement est une nécessité : pour réussir le changement, une prise de conscience généralisée doit être faite ; or pour que chacun accepte un temps de transition, il lui faut la certitude de conserver son bien-être. Pour réussir ce défi de rendre le changement socialement acceptable, de mutualiser les risques, sans sacrifier une frange de population, il faut penser en termes de cohésion sociale, et réduire les inégalités.

3) Le changement individuel est une condition nécessaire mais insuffisante : Chacun peut faire des efforts pour changer son mode de consommation, mais cela doit se compléter avec des démarches collectives et globales, d’où l’intérêt des démarches Agenda 21. On entre dans une économie de guerre, soit une économie où l’intérêt général passe avant les intérêts particuliers.

4) Le rapport avec la crise, qui multiplie les problèmes et met en difficulté des personnes qui n’en sont pas responsables. Trois leçons à retenir :
-Cette crise est la toute première dans laquelle le souci environnemental n’est pas étouffé au profit de la relance économique. Grâce à la crise, il y a prise de conscience d’une rupture inévitable avec la situation antérieure : un modèle de développement se clôt ; un autre doit être inventé.
-Le marché ne peut tout résoudre, d’où la nécessité d’une gouvernance.
-La démarche collective agit vers davantage de cohésion sociale, de façon à bénéficier à l’ensemble de la société. L’économie devient plus morale.

A la suite de cet exposé, les experts invités approfondissent le débat à travers des visions qui s’entrecroisent et se complètent :
- Claude Lorius, dont les travaux ont démontré le lien entre les gaz à effet de serre et le réchauffement climatique, en appelle à la responsabilité de chacun. Nous vivons tous sur la même planète. Or il est prouvé scientifiquement qu’une pollution générée à un endroit du globe a des conséquences à un autre endroit du globe.
- Chef d’une entreprise à la pointe des logiques du développement durable, l’Imprimerie de l’Est à Baume-les-Dames (25), Laurent Labat prouve que développement économique peut rimer avec développement durable, à la condition de concevoir l’entreprise comme un écosystème dans lequel le développement durable est appréhendé de façon éco-logique. Autrement dit, une entreprise qui fait du développement durable dégage du profit tout en respectant les ressources naturelles ; alors pourquoi s’en priver ?
- Christian Mettelet, Maire de Saint Rémy (70), souligne à son tour l’importance des problématiques internationales, que l’Agenda 21 doit appréhender à travers les actions de coopération décentralisée de la Région.
- Enfin Bettina Laville, Conseiller d’Etat et Présidente d’honneur du Comité 21, un réseau d’acteurs en faveur du développement durable, démontre l’importance des réseaux qui permettent de structurer les pratiques de développement durable. Elle souligne le foisonnement actuel des initiatives, qui pourraient être optimisées en étant coordonnées et mises en relation. L’exemple donné est celui des indicateurs, qui sont créés à toutes les échelles territoriales, et nécessitent d’être mis en cohérence.

La conclusion est donnée par Denis Clerc : pour une économie au service de l’homme, le développement durable doit prendre en compte divers facteurs, tels que la dimension internationale des enjeux abordés, le développement d’une écologie industrielle, l’importance des indicateurs et de l’évaluation, mais aussi de l’exemplarité. La crise actuelle nous fait entrer dans une économie de mobilisation, pour de nouvelles solutions, de nouvelles logiques. L’Agenda 21 s’inscrit dans ce processus.

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