Sport
"Continuer encore quelques années !"

Francis Mourey, sextuple champion de France de cyclo-cross / Crédit Est Républicain
Francis Mourey, sextuple champion de France de cyclo-cross
Grâce à son talent et son travail, Francis Mourey se maintient au sommet de la hiérarchie française du cyclo-cross. Malgré une 12e place un peu décevante lors du mondial de Coxyde (Belgique), le Franc-Comtois, modeste et serein, ne s'affole pas. Il envisage de poursuivre sa carrière encore 4 ou 5 ans. « Je ne me sens pas usé et la motivation est toujours là », précise-t-il.
Domination écrasante
Dans l’hexagone, Francis Mourey a peu d’adversaires à sa mesure depuis des lustres. Il aligne les succès en challenge national comme on enfile les perles et la collection de titres de champion de France a de quoi impressionner. Le maillot tricolore, catégorie Espoir, acquis en 2001 à Blaye (33), reste son meilleur souvenir de coureur « parce que c’était le premier ! »
Des résultats immédiats
A l’instar de beaucoup de gamins, Francis débute comme apprenti footballeur à Sancey-le-Grand, à deux pas de son village natal, Chazot (25). A 15 ans, il bifurque vers le cyclisme et les résultats sont immédiats. Alors pourquoi le cyclo-cross plutôt que la route ? « Tout simplement parce que l’entraînement prenait moins de temps. J’étais maçon et je roulais après ma journée de travail. » De cette période et de son entrée précoce dans la vie active, Francis a conservé le goût de l’effort.
Diplômes de maçonnerie en poche, il passe la vitesse supérieure en 1999 et signe à l’ASPTT Mulhouse de Joseph Mumbach. « La gestion des efforts et du stress, la stratégie de course, les trajectoires…c’est un entraîneur qui m’a beaucoup appris. »
Depuis son passage chez les professionnels en 2004, à La Française des Jeux, le Saônois d’adoption a notamment ajouté deux Tours de Corse à son palmarès et pris la 94e place du Tour de France 2005. Mais le « cyclo » reste sa spécialité. Il figure parmi les meilleurs mondiaux de la discipline en appliquant à la lettre les consignes de son mentor Marc Madiot, une figure du vélo, deux fois vainqueur de Paris-Roubaix. « Il est le patron et en même temps très proche des coureurs. C’est un deuxième père pour nous. »
Ensablé dans les dunes
La carrière est bien avancée, Francis a dépassé 31 ans et semble en perte de vitesse depuis quelques semaines, témoin sa relative contre-performance à Coxyde (12e) lors du dernier mondial. Les Belges ont trusté les 7 premières places sur un terrain qu'ils affectionnent. Le Comtois, bien physiquement, n'a en revanche jamais pu s'adapter au sable. La médaille de bronze acquise il y a 6 ans à Zeddam (Pays Bas) semble loin.
Sans s'affoler, Francis Mourey a retrouvé la maison familiale, à Saône (25). Avant d’enchaîner avec la saison sur route, de repartir pour un tour... d’Italie, dans le costume d’un simple équipier. On ne peut pas toujours gagner.
MAJ Janvier 2012