Culture
« Les Bisontins ont encore beaucoup à apprendre de leur citadelle »

Philippe Mathieu, nouveau directeur de la citadelle de Besançon/Photo Jean-Claude Sexe
Philippe Mathieu, nouveau directeur de la citadelle de Besançon.
« Mon souhait ? Etre l’ambassadeur de ce site extraordinaire. » A l’évocation de la citadelle de Besançon dessinée par Vauban, les superlatifs se bousculent dans la bouche de Philippe Mathieu.
Amoureux des lieux, ce Vosgien d’origine, qui est depuis juillet chef de projet à la mairie, prendra le 1er janvier la direction générale du nouvel établissement public qui va gérer le site : « La Ville a choisi de regrouper en une seule entité la citadelle, les trois musées que l’on y trouve (le musée Comtois, le musée de la Résistance et de la Déportation, ainsi que le muséum) et l’ensemble du site Vauban de Besançon inscrit depuis 2008 sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO. » Pour l’aider dans sa tâche, il sera entouré d’une équipe de 80 personnes permanentes et plusieurs dizaines de saisonniers. « Sans elles, je ne pourrais rien faire ! Je ne suis que le chef d’orchestre. »
Touche-à-tout, Philippe Mathieu n’a pas toujours fréquenté les monuments historiques. Diplômé en droit, il rejoint la rédaction de l’Est Républicain. Au bout de dix ans de journalisme, l’homme se spécialise en direction de projets culturels en décrochant un Master dans cette spécialité à Sciences-Po Grenoble. « J’ai toujours eu à cœur de transmettre, quand j’étais dans la presse vis-à-vis de mes lecteurs, aujourd’hui à la citadelle qui regorge de collections et de connaissances à découvrir, à montrer. » Pour autant, revenir en terre bisontine ne fut pas si simple. Il y a quelques mois encore, Philippe Mathieu déployait toute son énergie à développer un chantier d’envergure : le MuséoParc Alésia à Alise-Sainte-Reine, près de Dijon. Un projet de 52 millions d’euros pour comprendre la bataille de 52 av. J-C et la ville gallo-romaine. « Je me suis trouvé face à un choix : proposer ma candidature pour la direction de la citadelle ou mener ce projet à son terme. J’ai suivi mon intuition, l’envie de retrouver Besançon a été la plus forte » confie Philippe Mathieu.
Avec son équipe, le nouveau directeur fourmille d’idées. « Il y a une vingtaine d’années, je voyais la citadelle comme une belle endormie. Aujourd’hui, nous disposons des moyens et de la volonté politique de faire évoluer les choses » assure Philippe Mathieu. « Nous avons pour mission la conservation de ce monument, mais nous devons également le valoriser ! Le changement de statut nous offre la possibilité de mettre en place un projet global. Cet endroit est un lieu de culture et de tourisme dont le potentiel est presque sans limite. » La citadelle sera, entre autres, placée sous le signe de la biodiversité en 2011 et s’appuiera pour cela sur les collections du muséum. Au printemps prochain, les 250 000 visiteurs annuels pourront également y découvrir un parcours d’interprétation souterrain, le premier d’une longue série. « Nous souhaitons accroître la fréquentation bien sûr mais surtout offrir de la qualité et je me battrai pour ça » affirme Philippe Mathieu. « Les Bisontins ont encore beaucoup à apprendre de leur citadelle. J’aimerais qu’ils se l’approprient encore plus ! »
Jusqu’au 31 décembre 2010, la citadelle de Besançon est gérée à la fois par les services municipaux de la Ville de Besançon et une Société d’Economie Mixte dont Philippe Mathieu a été le directeur général de 1996 à 2002.
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