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Artisanat
« Personne ne m’a rien interdit, je me suis tout permis ! »Hervé Prudent, luthier et designer. Musicien et inventeur.Autodidacte, Hervé Prudent a fabriqué son premier instrument à 18 ans. Il en compte aujourd’hui à son actif plus de 450, dont certains appartiennent à des grands noms de la musique, comme Catherine Lara ou Louis Winsberg, guitariste de la chanteuse Dee Dee Bridgewater. De l’art au bout des doigtsUn disciple de la lutherie sans maître, est-ce vraiment possible ? « J’ai toujours été bricoleur et j’ai toujours aimé la musique, explique Hervé Prudent. Ma première guitare, je l’ai eue à 15 ans et mon CAP en électromécanique m’a apporté des connaissances en mécanique, en électricité et en menuiserie ». Dans son atelier situé à Fontain, sur les hauteurs de Besançon, le luthier franc-comtois crée des instruments à cordes pincées ou frottées, violons, violoncelles, contrebasses et autres petits bijoux du style, auxquels il apporte sa touche personnelle. Une forme ou des sons différents, une corde en plus, Hervé ne se lasse pas de réaliser des modèles originaux, à la demande de ses clients et va même puiser ses idées dans la gamme des instruments orientaux. L’architecte du violonLe savoir-faire qu’il s’est forgé en grande partie dans les livres, il l’a aussi développé en exerçant d’autres activités, en lien avec le travail du bois. « Après une première expérience dans la lutherie en 1987, mon activité d’animateur dans une MJC à Besançon m’a permis de découvrir la marqueterie, de fabriquer du mobilier en bois, et surtout de disposer d’un atelier pour imaginer de nouveaux modèles d’instruments », raconte-t-il. De là, sont nés Alix, Mina, Paco l’alto, Marcel le violoncelle et les autres. Des instruments de sa création aux noms d’enfants, aux formes arrondies et galbées, aux sons occidentaux et orientaux, mêlant l’acoustique et l’électrique. Comment Hervé se définit-il ? « Je suis un bizarre par rapport à mes confrères luthiers. J’ai le design en plus. À la manière d’un architecte, quand je vois une forme qui m’inspire, je la fais vivre à travers l’instrument ». Et à force de sculpter le bois, de voir naître les instruments, on finit forcément par y prendre goût et devenir soi-même un peu musicien. Capter le son au cœur de l’instrumentEn perpétuelle recherche de nouveaux modèles, mais aussi de nouvelles sonorités, Hervé a fondé, avec d’autres artistes de la région, « Spakr », un groupe de musique, au style tsigane et yiddish, dans lequel il joue de la contrebasse et s’essaie au saz, un luth d’origine turque. La musique et la lutherie sont intimement liées dans la vie d’Hervé et lui donnent matière à créer dans d’autres domaines. En 2005, il a déposé, un brevet pour un système de capteurs qui permet de saisir le son au cœur même de l’instrument. Tous les musiciens de l’Orchestre national de Lyon ont été équipés de ce dispositif à l’occasion du Festival international de musique classique de Besançon, à l’automne 2007. Une petite fierté pour Hervé qui ajoute ainsi une corde de plus à son violon : « comme j’ai tout appris seul, que personne ne m’a rien interdit, je me suis tout permis ! ». |
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