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Economie
« Nous sommes des micro-techniciens du cuir »Jean-Pierre Tolo, directeur général opérationnel de SIS à Avoudrey (Doubs)« Ce qui m’anime, c’est le désir d’entreprendre » confie Jean-Pierre Tolo, directeur opérationnel de SIS. Basée à Avoudrey, cette société produit des articles de maroquinerie pour des grandes marques : sacs à main, portefeuilles, ceintures et autres accessoires de mode. Un secteur que Jean-Pierre Tolo a découvert voilà plus de 35 ans. Alors sorti « frais émoulu d’une école de commerce », le jeune lyonnais se voit proposer un poste de chef de projet chez Cobra, fabricant de bracelets de montres à Besançon oeuvrant pour les manufactures horlogères : « Mon destin était tracé ! » Jusqu’au projet SIS, le parcours sera toutefois semé d’embûches. En 1983, Jean-Pierre Tolo se lance dans la création d’entreprise sur ce créneau qu’il connaît bien : le bracelet de montre. Mais quinze ans plus tard, suite à la défaillance d’un gros donneur d’ordre, c’est le dépôt de bilan, puis la reprise par 33 salariés. « Leur confiance m’a redonné de l’énergie après cet épisode que j’ai vécu comme un cataclysme. » Jean-Pierre Tolo endosse alors le rôle de responsable commercial. « Notre marché étant parti en Asie, il fallait recentrer l’activité sur le luxe, le « made in France », et ramener de nouveaux clients. J’étais un peu la pierre angulaire de ce redémarrage, j’avais déjà initié ces relations et bâti une stratégie de diversification. » En France et en Suisse, Jean-Pierre Tolo réussit à convaincre des noms prestigieux et se consacre au développement industriel. « Nous avons organisé la mutation à travers l’apprentissage de savoir-faire artisanaux et de méthodes traditionnelles alliées aux plus innovantes. Nous fabriquons même nos propres outils et nous adaptons nos machines par souci de flexibilité et d’autonomie. » Aujourd’hui, SIS emploie 350 personnes, dont une centaine embauchées et formées sur les douze derniers mois. L’entreprise dispose de 5 ateliers dédiés à des marques différentes car « nos clients exigent la confidentialité sur les process de fabrication, chacun a également une image particulière, sa culture, ses habitudes... » On y travaille le veau et l’agneau mais aussi du crocodile de Louisiane et des galuchats. Au fil du temps, Jean-Pierre Tolo construit ainsi la notoriété de SIS : « Nous sommes des micro-techniciens du cuir et cette spécialité est désormais reconnue. On fait appel à nous pour du travail de précision, des articles complexes comme des petits sacs du soir avec des strass. » En 2010, SIS va boucler « une année exceptionnelle avec un chiffre d’affaires en hausse de 45% » et prépare l’ouverture d’un nouvel atelier à Valdahon. A un an de l’âge légal de la retraite, Jean-Pierre Tolo ne compte pas s’arrêter là : « On projette de doubler l’activité dans les 3, 4 ans qui viennent et de continuer à recruter 80 à 100 personnes par an. L’enjeu est maintenant de monter un dispositif de formation avec une vraie école pour assurer cette progression et pour élever encore le niveau de compétences. » |
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