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« La Franche-Comté a su devenir un pôle d’activité de premier plan en ingénierie cellulaire »

Pierre Tiberghien, directeur général de l’établissement français du sang (EFS)
Pierre Tiberghien, directeur général délégué de l’établissement français du sang (EFS)
Professeur d’immunologie, directeur d'une unité de recherche Inserm EFS Université de Franche-Comté et, depuis cet été, directeur général de l’établissement français du sang (EFS)… la liste des activités et des responsabilités de Pierre Tiberghien est longue. Trop longue ? « Oui, j’en fais assurément trop. » Mais quand on aime…
La Franche-Comté, il l’a immédiatement aimée. Après le bac à 18 ans, il quitte sa famille installée près de Genève pour suivre des études de médecine. « J’avais le choix entre Lyon, Grenoble ou Besançon. Et j’ai opté pour Besançon.» Après sa thèse et des travaux de post-doctorant aux Etats-Unis, notamment à l’Institut national de la santé de Washington, Pierre Tiberghien entame un parcours en hématologie clinique. Il s’intéresse au traitement de la leucémie à partir de greffe de moelle osseuse puis dans la foulée à l’ensemble des greffes. Il se passionne sur l’interaction entre un donneur et un receveur et le processus complexe qui fait que la greffe prend ou non. En 1993, sa rencontre avec le professeur Patrick Hervé donne à sa carrière un nouveau tournant. L’homme, qui travaille pour l’Etablissement de transfusion sanguine, propose à Pierre Tiberghien de créer un laboratoire de recherches dédié à l’ingénierie cellulaire.
Ce laboratoire sera le fer de lance de l’ingénierie et biologie cellulaire. Conjointement au labo se développe la banque de sang placentaire, aujourd’hui la plus grosse de France. « En effet, depuis bientôt 25 ans, nous savons réaliser des greffes de sang à partir de cellules souches contenues dans le placenta. Cette possibilité a permis de diminuer la maladie du rejet du greffon de l’hôte. Même si la greffe ne marche pas à chaque fois, cette technique a fait beaucoup pour la thérapie cellulaire ». Le laboratoire a porté également le développement de la greffe tissulaire, et notamment celle de la cornée. De même Pierre Tiberghien s’est intéressé aux protocoles de recherches en immunothérapie : « La recherche autour des lymphocytes a permis des essais cliniques menés par le docteur Christophe Borg sur le traitement du cancer du colon. »
Autre avancée : la venue de Txcell à Besançon. Cette société niçoise a été accueillie sur le site de Besançon et travaille elle aussi sur la thérapie cellulaire mais dans un but très précis : celui de réguler la maladie de Crohn, une maladie de nature auto-immune, c’est-à-dire dont le système immunitaire s’emballe. « Cette société s’est installée il y a 5 ans, nous en sommes heureux car Besançon pour un Niçois ce n’est pas évident. Depuis nous accompagnons l’équipe qui compte de 6 à 10 personnes. Actuellement, Txcell conclut une première étude clinique. » Enfin, Pierre Tiberghien est également à l’origine de la création de l’Institut de bio-ingénierie de Franche-Comté. Ce dernier fédère les unités de recherche de l’Université de Franche-Comté, de l’INSERM en collaboration étroite avec le CHU et l’EFS.
L’attachement de Pierre Tiberghien à Besançon est intact après plus de trente ans, même si son poste à la direction nationale de l’ESF le contraint de vivre à Paris. « Je reviens ceci dit au moins une fois par semaine à Besançon. » Des venues attendues car la ville lui doit beaucoup : Pierre Tiberghien contribue – sans compter – à faire de notre capitale régionale un centre d’excellence de l’ingénierie cellulaire.