Terroir
«J’ai baigné dans le monde du vin très jeune»
Marie-Christine Tarby-Maire, présidente du Comité interprofessionnel des Vins du Jura
Marie-Christine Tarby-Maire, fille du célèbre vigneron et homme d’affaires franc-comtois Henri Maire, n’a pu résister à l’appel de l’entreprise familiale. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé. Mais commençons par le commencement…
Marie-Christine n’est pas née dans les roses mais dans les vignes et plus exactement « en plein cœur du vignoble d’Arbois, avec un père passionné par le vin…». Mais, après une scolarité entièrement passée en Arbois, la jeune Marie-Christine ressent le besoin de quitter sa région, d’aller découvrir de nouveaux horizons. Ce sera Besançon, Dijon, puis Paris. « Je me suis orientée vers le secteur bancaire pour avoir ma propre expérience et ma propre vision économique. Ce qui n’est pas évident quand on a un père aussi prégnant » confie-t-elle en riant. Cependant, après des années passées à travailler dans l’univers banquier, elle décide en 1991 de revenir dans le giron de l’entreprise familiale.
Elle s’occupe alors de communication, de marketing et d’exportation, « des secteurs pas trop lourds qui m’ont permis d’être disponible pour m’occuper de la filière vinicole ». Ce qui l’a naturellement amenée à être élue, en 2000, présidente du Comité Interprofessionnel des Vins du Jura (CIVJ), « un poste passionnant » qu’elle occupe pour un second mandat de trois ans depuis 2006. Et ce n’est pas fini… Fréquemment amenée à représenter la société Henri Maire auprès des instances nationales, sa candidature a été suggérée pour diriger l’association Vin & Société. Ce qu’elle fait depuis 2007.
Vin & Société rassemble toute la filière du vin français et s’interroge sur la façon dont cette boisson est aujourd’hui considérée en France. « On étudie la place du vin dans la société, en touchant à des problématiques importantes telle que le vin et la santé. C’est une démarche passionnante qui nous permet de toucher à la sociologie, la philosophie, la gastronomie, l’économie, la politique…. » Pour Marie-Christine Tarby-Maire il est aujourd’hui essentiel de valoriser le vin comme étant le résultat d’un savoir-faire et la richesse d’un terroir. Il faut aussi faire comprendre « qu’une consommation régulière et modérée est excellent pour la santé. Et j’insiste sur l’aspect modéré : d’ailleurs Vin & Société a pour objectif de promouvoir la modération. »
Mais revenons à ce qui fit la réputation de la famille Maire : le vin du Jura. « Nous avons une très longue tradition vinicole. Et même si le vin du Jura est un petit vignoble qui couvre moins de 1 % de la surface totale des vignobles français d’appellation, il propose une grande variété de produits : des vins exceptionnels comme le vin jaune ou le vin de paille, mais aussi des vins plus classiques et nobles comme ceux issus de chardonnay. » Même s’il n’est « pas encore assez présents sur les grandes tables et chez les cavistes parisiens », son image est plutôt prestigieuse. Il est vrai qu’Henri Maire y a grandement contribué, par son talent de producteur d’abord mais aussi par son talent de communication : « il savait mener des actions très médiatiques. Il a été jusqu’à emmurer pour 100 ans des bouteilles de vin jaune dans les caves du célèbre restaurant parisien La Tour d’Argent. »
Aujourd’hui, la société Henri Maire revient à ces coups d’éclats : « Quand on a immergé des bouteilles de Vin d’Arbois au fond du Lac Vouglans, tous les médias étaient là. » Et ça se comprend : ça n’est pas tous les jours qu’une telle opération a lieu. Une véritable opération de transmission aux générations futures de notre patrimoine vinicole, de notre art de vivre.