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Terroir

« Le kirsch est une histoire liée aux gens de ce pays»

Jean-Claude Cholley/Laurent Cheviet

Jean-Claude Cholley, producteur de kirsch heureux. Depuis quelques années, sa cote est en hausse et son moral au beau fixe.

 Chez Jean-Claude Cholley, producteur de fruits et de kirsch à Fougerolles, la cerise est une affaire de famille. “Aujourd’hui, je poursuis la route avec mon fils.” L’homme a 56 ans. Depuis trente ans, son secret est de les cueillir en juillet pour obtenir un sucre savoureux. A la fin de l’hiver, 170 cerisiers supplémentaires seront plantés et s’ajouteront aux 630 dont il dispose actuellement. Une fois conditionnés dans des fûts en plastique, les fruits, quant à eux, seront stockés, puis distillés.

 

“Il faut se montrer rigoureux dans la taille et l’entretien des arbres pour qu’ils ‘donnent’ bien comme on dit. Eliminer et brûler ce qui n’est pas nécessaire et vérifier leur bonne santé est la seule solution pour profiter d’une saine productivité.” Élaguer et couper, l’énergie est sans cesse sollicitée. La récolte est mécanique et annuelle et dure deux à trois semaines. “Un vibreur fait tomber toutes les cerises sur un tapis récolteur. Nos cerises s’épanouissent en vergers, mais pas seulement ! On les trouve aussi en prés vergers, c’est-à-dire dans les pâtures en compagnie des vaches.” Une bonne cerise provient de la conjonction de nombreux facteurs : une bonne exposition, une terre favorable, beaucoup d’investissement personnel et l’amour du travail. Les critères d’une belle et bonne cerise ? “Être charnue, ronde et sucrée !”, affirme doctement Jean-Claude Cholley.

 

Jean-Claude le sait. La culture des cerisiers comme la fabrication d’un bon kirsch ne sont pas de simples histoires de savoir-faire. Derrière ce tour de main unique que l’on retrouve à Fougerolles dès la fin du XVIIe siècle, se dissimule un amour profond, presque viscéral, pour une tradition qui au départ permettait à de nombreux agriculteurs d’améliorer leur ordinaire.

 

Aujourd’hui, l’histoire familiale se perpétue et se vend très bien. “Mon kirsch est commercialisé au tuyé de Mésendans, à Rougemont dans le Doubs, à la Baratte aux Saveurs à Vesoul. Je fais les marchés et je propose mes produits jusque dans les Vosges. L’office du tourisme de Fougerolles et la Chambre d’agriculture à Vesoul sont aussi de beaux tremplins pour moi ! Et les visiteurs viennent souvent ici à Croslières s’approvisionner directement à la propriété.”

 

Fin février, il sera encore une fois au Salon de l’agriculture, avec en perspective une AOC pour son grisant liquide…

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